Un débat d’actualité et des pratiques à prévenir dans « PEDIATRIE PRATIQUE n°231 » – octobre 2011

Editorial Pr Bertrand Chevallier, chef du service pédiatrique- hôpital Ambroise Paré de Boulogne-Billancourt, articles de Françoise Cochet, présidente APEAS, docteur Jean Lavaud, pédiatre et président du CNE, docteur Marie-France le Heuzey, pédopsychiatre hôpital Robert Debré Paris.

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Lorsque l’enfant est au cœur de la rentrée littéraire

L’été 2011 est marqué par la sortie de plu­sieurs livres écrits autour de l’enfant. Ces travaux conduisent à nous interroger sur certaines questions qui seront nécessairement abordées par les parents ou les médecins eux-mêmes lors des prochaines consultations d’enfants et d’adolescents.

Il en va ainsi du rôle actuel joué – ou qu’on leur fait jouer – par les nouveaux pères, facteur d’équilibre ou d’instabilité (Aldo Naouri. Les belles-mères. Les beaux-pères, leurs brus et leurs gendres. Odile Jacob), de la place de l’enfant dans la fratrie, comme pou­vant influer sur les comportements, les attitudes de l’enfant, comme le regard de ses propres parents (Marc Sznajder. Les aînés et les cadets. Odile Jacob). D’autres questions sont plus philosophiques, dans la lignée de Judith Butler et la réédition de son livre, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subver­sion. (La Découverte). Selon l’auteur, la distinction entre homme et femme, ainsi que l’hétérosexualité, est avant tout une construction sociale et culturelle. En somme, au-delà des seules différences biolo­giques, il existe des interactions psychiques don­nées par l’entourage ou la société, présentes dès l’enfance, dans le but d’assigner des rôles à chacun. Enfin, le rapport demandé par la secrétaire d’État à la Jeunesse sur le suicides des enfants (Boris Cyrulnik. Quand un enfant se donne la mort. Odile Jacob) suscitera, au-delà de la qualité reconnue à la réflexion de l’auteur, un juste débat sur le poids des déterminants, le rôle de l’attachement pendant les premiers mois de la vie, le rôle des pairs, de l’école, de la pression d’une notation non indispensable en primaire ou l’exigence familiale d’une réussite sco­laire. D’aucuns manifesteront un relatif scepticisme sur certains points : une interprétation parfois dis­cutable de la signification de certaines prises de risques assimilées arbitrairement à une volonté sui­cidaire, une fiabilité discutable de quelques chiffres avancés en l’absence de données épidémiolo­giques solides, la crainte d’une culpabilisation exa­gérée possiblement perçue par les parents, une étanchéité surprenante entre la souffrance de l’en­fance et le passage à l’acte de l’adolescence.

Nous ne pouvons que remercier ces auteurs de nous conduire ainsi à réfléchir à nos pratiques, à adapter nos discours aux familles, à être attentifs aux comportements des plus jeunes, à savoir rechercher (provoquer) l’expression du jeune enfant autant que celle de ses parents.

Bertrand Chevalier

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