MISE À JOUR DU 12 JUILLET 2007 : La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a pris un arrêté, mercredi 12 juillet, pour inscrire la codéine et d’autres dérivés de l’opium sur la liste des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance, afin de « mettre un terme à des pratiques addictives dangereuses et potentiellement mortelles » liées à l’usage détourné de ces produits.
En savoir plus avec l’article publié le 12 juillet sur LEMONDE.fr
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Pauline, 16 ans, est décédée le 2 mai 2017 après 10 jours de coma, après ingestion de comprimés anti-douleur à base de codéine.

 

En France, des traitements à base de CODEINE sont disponibles en vente  » libre » (non soumise à prescription médicale) en pharmacie, et sur Internet, on trouve le mode d’emploi pour concentrer très facilement la substance active et éviter les effets délétères du paracétamol sur le foie.

La codéine (ou méthylmorphine) est un opiacé, une molécule de la même famille que la MORPHINE ou l’HEROINE. Elle est utilisée dans des préparations médicamenteuses à visée antalgique  (CODOLIPRANE,  KLIPAL CODEINE, DAFALGAN CODEINE, LINDILANE … et ou antitussive (NEO-CODION, EUPHON, THIOPECTOL…).

Ces médicaments à base de codéine sont très largement détournés de leur vocation première par des héroïnomanes en quête de traitement de substitution à faible coût (voire remboursés par la sécurité sociale…), mais aussi de plus en plus par des adolescents en quête de sensations fortes ou d’évasion (bien-être, désinhibition, apaisement, créativité..).

Des cocktails de codéine associée à du Sprite pour que cela soit moins amer, à un antihistaminique pour éviter démangeaisons et vomissements dus à la codéine, et à un colorant violet, pour que ce soit plus « fun »  (« Purple Drank », « Syzzurp »  ou « Lean ») se généralisent dans les soirées d’étudiants ou de jeunes adultes.

Des initiations à ces pratiques se répandent dans les établissements scolaires et sur les forums fréquentés des jeunes  (forums dédiés aux jeux vidéo par exemple).

Des circulaires de mise en garde à l’intention des professionnels de santé sont régulièrement publiées par l’ANSM (Agence Nationale de la Santé et du Médicament ; Décembre 2015 : « Nouvelles restrictions d’utilisation de la codéine dans le traitement de la toux »; Mars 2016 : « Usage détourné des médicaments antitussifs et antihistaminiques chez les adolescents et jeunes adultes »).

Cela n’est plus suffisant, pour preuve le drame qui vient de se produire en mai 2017 (décès d’une jeune fille de 16 ans par arrêt cardio-respiratoire par overdose de codéine suite à l’ingestion de comprimés antidouleur contenant de la codéine). Il faut favoriser absolument la vigilance des pouvoirs publics et des pharmaciens pour un changement de délivrance de ces médicaments à base d’opiacés. La question de laisser ou non les analgésiques contenant de la codéine en vente libre (sans aucune prescription médicale) doit être à nouveau débattue. D’autres pays (Allemagne, Etats-Unis, Japon, Australie..) ont en effet décidé de restreindre la délivrance de médicaments à base de codéine afin de prévenir les dérives d’utilisation de ce médicament antidouleur en particulier par des adolescents en quête de sensations fortes lors de soirées alcoolisées.

Accès à la pétition INTERDISONS EN FRANCE LA VENTE DE CODÉINE SANS ORDONNANCE.