Article publié sur PARIS NORMANDIE le 16 janvier 2007

Leur fils ne s’est pas suicidé. Durement éprouvés, le père et la mère du garçon de 12 ans mort jeudi par pendaison à Gravigny (lire nos éditions d’hier lundi 15 janvier) ne supportent pas l’évocation de cette idée qui les a heurtés dans nos colonnes. « Il n’en est pas question », réagit le papa. « Notre enfant n’était pas dépressif. Il n’avait rien d’un gosse malheureux qui souffre. Au contraire, il rigolait tout le temps ». La maman confirme. « Il était bien dans le cocon familial. »
Rien, en effet, ne laissait présager un tel drame. Que s’est-il passé alors, jeudi ? Pour le papa, c’est la conséquence funeste du triste « jeu du foulard » qui, affirme-t-il, se pratiquait de temps à autres entre copains du collège. Son fils, selon lui, aurait voulu montrer qu’« il en était capable. »

Ce jour-là, comme d’habitude, le garçon rentre déjeuner chez lui, où il retrouve son père et un collègue de travail. « Après manger, il m’a dit qu’il allait préparer ses affaires. Il avait un cours de musique l’après-midi. Je l’ai entendu jouer de la flûte. » Rien que de plus normal.

Vers 13 h 15, le papa appelle son fils. C’est l’heure de retourner au collège. Sans écho, il va dans sa chambre, où il fait la découverte tragique.

Deux embrasses de rideaux attachées l’une à l’autre et passées au-dessus de la porte. Le jeune était monté sur une chaise roulante avant de nouer le cordage autour du cou. « Il voulait voir comment ça fait, ce jeu du foulard. Jusqu’où on peut aller. Et il a perdu l’équilibre quand la chaise a roulé. Il a voulu se rattraper mais. » La famille du jeune est atterrée. « Il faut sensibiliser les parents. Qu’ils parlent à leurs enfants parce que ce jeu se pratique encore. » Et qu’il présente un risque considérable.

Moment de deuil au collège
Le collège Marcel-Pagnol vit un grand moment de douleur. Dès jeudi soir, le lendemain et le temps qu’il faudra, l’équipe éducative de l’établissement et des psychologues ont été et seront encore à l’écoute des élèves qui le souhaitent. Des discussions qui doivent faire la part des choses entre les interrogations et les fantasmes.
Les parents du garçon de 12 ans retrouvé pendu à Gravigny n’admettent pas qu’on parle de suicide. Pour eux, il s’est tragiquement essayé au sinistre « jeu du foulard ».

Et, au-delà de la tristesse qui étreint la communauté scolaire, qui doivent également rappeler que la vie ne saurait s’apparenter, de près ou de loin, à un jeu virtuel.
Aujourd’hui mardi, l’établissement vivra « un moment fort de commémoration pendant une demi-heure », souligne le principal. Le collège doit aussi faire son deuil.

Site de l’éditeur : Paris Normandie

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