specimenRémy était un garçon hyper actif qui voulait tout voir, tout essayer. Après une orientation scolaire littéraire, il a décidé de mettre fin à ses études et de travailler pour pouvoir voyager. Le métier de pâtissier qu’il avait choisi depuis peu lui semblait très approprié puisque la restauration recrute beaucoup à l’étranger. Malheureusement, ce projet n’aboutira pas. Rémy est décédé le 27 mars 2002, quelques mois après avoir fêté ses 20 ans. Peut-être pratiquait-il le « jeu du foulard » depuis quelques temps.
J’ai su après son décès, que lorsqu’il avait 15 ans, il jouait avec ses camarades au collège à « s’empêcher de respirer » jusqu’à l’étourdissement. Il a porté pendant des années des grands lacets de baskets en guise de ceinture, je ne m’en suis pas inquiétée, même lorsqu’il me réclamait un lacet bien particulier.
Puis, j’ai eu connaissance par la presse de l’existence du « jeu du foulard ». Là, j’ai pris peur et j’ai interrogé Rémy qui m’a certifié ne rien faire de semblable. Je l’ai cru. Mais, bien des choses me reviennent maintenant, après coup, qui auraient dû m’alerter. En particulier, le fait que Rémy ait choisi la place de son lit dans sa chambre, en tenant compte de la position d’une poutre du côté mansardé de la pièce. Il a demandé à son père de fixer à cette poutre, un hamac à l’aide de deux grosses vis. C’est à la vis au-dessus de son lit que nous l’avons trouvé accroché par un lacet de basket, les genoux presque posés sur son lit, en tenue pour dormir, dans la nuit du 26 au 27 mars, alors que nous étions intrigués de ne pas l’entendre se lever pour aller travailler. Rémy nous avait quitté quelques heures plus tôt en nous disant « bonne nuit à demain ». Je sais aujourd’hui que mon fils avait parlé de ce jeu avec un de ses cousins, lorsqu’il avait 18 ans, qui agirait comme une drogue, dont on deviendrait dépendant en essayant d’aller toujours plus loin.Je crois que par manque d’information, beaucoup d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes continuent à pratiquer ce « jeu ». C’est pourquoi, il faut agir et par l’action d’APEAS, contribuer à faire connaitre les dangers extrèmes de cette pratique pour sauver des vies.

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