specimenLe lundi 21 Janvier 2002 mon fils Renaud âgé de presque douze ans s’est pendu dans sa chambre juste avant d’aller se coucher.
Il était le troisième enfant de la famille. Deux filles le précédaient.

C’était un enfant plein de vie de projets.

Le jour même nous avions regardé pour la nième fois le site Internet de la station de ski où nous devions nous rendre en famille et avec des amis. Il se réjouissait car nous devions apprendre ensemble à faire du snow-board.

Nous avons cherché pendant des mois les raisons de son geste car c’était un enfant équilibré nous parlions souvent ensemble je répondais aux questions qu’il se pausait. Bref une vie normale.

Nous avons eu la confirmation qu’il s’agissait du jeu du foulard par la confidence d’un camarade d’école et de club de football à l’aînée de mes filles.
En effet les garçons de son équipe de foot ont joué au jeu du foulard le dimanche 20 Janvier dans les vestiaires du stade.
Renaud aurait refusé de participer au jeu.
Que s’est-il passé le lundi matin à l’école ? A-t-il reparlé de ce jeu avec ses camarades l’a-t-on influencé, nous ne le saurons sans doute jamais.

Jusqu’ à ce jour nous n’avions rien remarqué de suspect, ni traces sur le cou, ni questions concernant le jeu ou pour savoir comment cela faisait lorsque l’on s’étouffait.
Toujours est-il qu’il a essayé ce soir là ce jeu dans la pire des conditions.
« SEUL DANS SA CHAMBRE »

Nous n’avons rien entendu pour la simple raison qu’il a noué une corde à sauter de sa sœur à la rampe de l’escalier assis sur une marche après avoir passé la corde à sauter autour de son cou et s’est un peu penché en avant c’est dans cette position que je l’ai retrouvé.

Je suis monté quelques minutes plus tard et en passant sous l’escalier j’ai aperçu ses jambes. En absence de réponse à ma question de savoir pourquoi il n’était pas encore couché, je me suis approché et là j’ai tout de suite compris ce qui se passait.

Malgré mes efforts et ceux du SAMU Renaud ne put être ranimé.

Le lendemain matin nous avons eu droit aux gendarmes à la maison pour l’enquête judiciaire car dans ce genre de situation il n’est pas exclu que vous soyez pour quelque chose dans le décès de votre enfant.
Ce qui renforce encore votre sentiment de culpabilité, puisque vous n’avez pas vu venir le drame, pas pu sauver votre enfant et en plus on vous demande si vous ne l’auriez pas éventuellement tué.

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