tem_f08_1Bien qu’il ne soit pas directement lié au « jeu du foulard », Louis est un enfant qui a trouvé la mort par strangulation en « jouant » dans une voiture à l’arrêt, stationnée dans le jardin familial. Ce témoignage est déterminant pour la prévention.
Je vous résume dans les lignes qui vont suivre les faits tels qu’ils se sont déroulés de sorte que vous puissiez vous faire une idée précise des dangers qui guettent nos enfants dans le cas nous concernant.

Nous sommes le mardi 10 mai 2005. Ce jour-là comme chaque midi je rentre manger à la maison, il fait un temps superbe, ciel bleu, soleil, mais un vent assez fort apporte un peu de fraîcheur. Victor 12 ans est au collège, Maïky 8 ans à l’école primaire, Julien l’aîné de 19 ans a quitté la maison depuis quelques mois, il vit et travaille à Angoulême, indépendant. En arrivant chez nous je retrouve Christine, ma femme, Mélanie, notre fille ainée de 18 ans depuis quelques jours et Louis, notre petit dernier de 3 ans et 3 mois, petit bonhomme plein de vie , le souffle du bonheur dans une famille.

A 13 heures le repas est pris, Mélanie a quitté la table, vacant a ses occupations dans sa chambre, de son côté, Louis est sorti dans le jardin s’amuser comme à l’habitude. Christine et moi sommes à table devant un café, en discutant de son projet de réaménagement de la salle de bain.

Le temps écoulé depuis que Louis est sorti jouer peut être de 5 à 10 minutes. Je me lève alors de table, passe de la cuisine à la salle à manger, mon regard se tourne vers l’extérieur par la baie vitrée, et là, l’espace d’une seconde l’univers bascule, je vois Louis dans notre monospace Fiat Ulysse, la tête pendante à l’extérieur du véhicule, le corps debout derrière la vitre. Je me précipite dehors en criant à ma femme « appelles du secours », car instantanément j’ai un terrible pressentiment. En un éclair je suis dans la voiture, je baisse la glace côté conducteur ou Louis s’est installé, il s’affaisse inerte dans mes bras. Je l’installe à quelques mètres sur le canapé du séjour, une marque violette lui barre le cou, je ne sens aucun battement cardiaque. Nous sommes terrifiés, effondrés.

Je tente le bouche à bouche et quelques stimulations sur la poitrine en vain. Quelques minutes plus tard le médecin des pompiers arrive et ne peut que nous confirmer le décès de Louis. Je ne m’étendrai pas sur les heures, jours et semaines qui vont suivre.

L’après-midi de l’accident, la brigade de recherche d’Angoulême va passer deux à trois heures à effectuer des tests sur le véhicule. Il semble d’après les informations obtenues par les gendarmes de la brigade locale que le mécanisme lève-vitres est d’une puissance n’ayant laissé aucune chance a notre petit. En effet le bras d’un adulte mis en pression par le poids de son corps n’empêche pas la glace de monter jusqu’à écrasement, il va sans dire que la strangulation était imparable. Pourquoi n’avons nous pas connaissance de cette arme en puissance qu’est la vitre électrique?

Au fil des mois notre indignation est grandissante. Depuis très peu de temps nous avons découvert que d’autres accidents de ce type se sont produits. Combien de temps les pouvoirs publics ont-ils mis à intervenir? Ils ne l’ont pas encore fait. Et les constructeurs commencent tout juste à installer des « sécurités ». Sont-elles réellement dignes de se nom ? Equipent-elles toutes les vitres des véhicules à commandes non manuelles ? Informe t-on les millions d’utilisateurs de voiture en circulation depuis des années et qui ne seront jamais sécurisées comme ce fut le cas pour nous ? A-t-on le droit de laisser ce potentiel meurtrier à l’égard de nos plus jeunes faire de nouvelles victimes ? D’autant plus que le consommateur automobiliste ne peut presque plus espérer trouver une voiture « familiale » sans vitres électriques. On lui impose sans qu’il le sache une menace sournoise.  »

Le Papa de Louis

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